Le chant du fragile — Centro Cervantes, Alger

Installation poétique — Centro Cervantes, Alger

Le chant
du fragile

Une architecture de l'éphémère

Et si la fragilité fondait l'édifice, au lieu de le menacer ? La faille n'est pas un défaut — c'est l'endroit où l'air passe.

Descendre

La faille comme
architecture

Le projet part d'une hypothèse inversée : et si la fragilité fondait l'édifice ? La faille n'est pas un défaut de construction — c'est l'endroit où l'air passe. Là où la langue maternelle cède pour laisser entrer l'autre.

L'exil, dans ce projet, n'est pas un trajet géographique.
C'est ce qui craque à l'intérieur des mots.

Le dispositif s'efface. Papier calque, voilages — des matières légères, poreuses, qui absorbent les ombres plus qu'elles ne les arrêtent. La beauté, ici, tient à ce qui tremble.

exil langue mémoire souffle fissure demeure

Plan de l'installation

Trois zones distinctes, une circulation unique — de l'entrée au centre, du seuil à la voix.

mots projetés SEUIL 01 ENTRÉE ESPACE CENTRAL 02 PEAU DE PAPIER 03 paroi calque lecteur
Zone 01

Le Seuil

Couloir d'entrée délimité par des voilages légers. Vidéoprojection de mots en plusieurs langues sur les tissus en mouvement — premier contact avec l'installation.

Zone 02

L'Espace Central

Parois de papier calque et mousseline. Les ombres des spectateurs se mêlent aux textes projetés. Les grands murs servent de pages blanches.

Zone 03

La Peau de Papier

La paroi d'accumulation. Rubans de papier de soie épinglés par le public, créant une texture organique qui réagit au souffle de la salle.

Traverser l'espace

01

Franchir le seuil

Le public pénètre dans un couloir de voilages. Des mots projetés — arabe, français, espagnol — glissent sur les tissus. Le premier contact est tenu, presque immatériel.

وطن patrie hogar ici
02

Devenir ombre

Dans l'espace central, le corps du spectateur intercepte les projections. Son ombre se mêle aux textes lus en performance. Il n'observe pas — il participe à la scénographie sans le décider.

…et la beauté réside dans ce qui…
03

Épingler son mot

À la sortie, une question posée sur un carton : "Si ta maison brûle, quel mot emporterais-tu ?" Le public écrit, épingle. La paroi s'épaissit au fil de la soirée — une mémoire collective qui frémit à chaque passage.

مطر mère luz دار fuego partir

La voix
au centre

Chaque lecteur se place au centre géométrique de la salle. Une lumière unique. Le reste de l'espace n'existe que par la lueur des projections.

Le corps du lecteur devient axe. Les ombres du public tournent autour. Le texte — projeté en temps réel sur les murs — se lit et se vit simultanément.

Tapis sonore — Le Chant des Failles
Boucle de 20 minutes

Papier froissé · craquements de bois · silences amplifiés · verre effleuré · voix lointaines · radio cherchant sa fréquence

habiter la faille… nos maisons de papier… LECTEUR — CENTRE GÉOMÉTRIQUE

Le geste du public

Si ta maison brûle, quel mot emporterais-tu ?

Rubans de papier de soie, feutre noir, punaises à tête transparente. Chaque réponse épinglée tient l'architecture. La paroi vit par accumulation — frémit quand quelqu'un passe.

Spécifications

Scénographie — Le Seuil

Structure Couloir délimité par voilages suspendus
Projection Mots multilingues sur tissus en mouvement
Matières Organza léger, mousseline blanche

Espace central — Projections

Murs Projection en temps réel des textes lus
Parois int. Papier calque & mousseline sur structures légères
Ombres Spectateurs acteurs — ombres chinoises

Performance — La voix

Mise en scène Lecteur au centre géométrique de la salle
Éclairage Lumière unique sur lecteur, reste par projections
Tapis sonore Boucle 20 min — Le Chant des Failles

Dispositif interactif

Matériel Rubans papier de soie blanc/écru
Outils Feutres noirs, punaises à tête transparente
Support Bois léger ou liège recouvert de calque
Résultat Texture organique réagissant aux déplacements

Installation poétique